
Les
entreprisses prévoyant de passer à l'euro "sur le fil"
s'exposent peut-être à des désagréments inattendus. A ce jour,,
par exemple, les utilisateurs de l'AS/400 souhaitant imprimer le
symbole monétaire risquent des erreurs dans leurs transferts de
fichiers. En attendant le correctif IBM.
Attention
aux ratés imprévus du passage à l'euro... Les entreprises qui traînent
des pieds pour s'y mettre se préparent peut-être quelques mauvaises
surprises. Prendre en compte la nouvelle monnaie dans un système
d'in- formation constitue une opération à la fois fonctionnelle
et technique. Les problèmes techniques, largement redoutés et anticipés
lors du passage à l'an 2000, semblent moins évidents pour l' euro.
Pourtant, quelques modifications « oubliées » par les grands I constructeurs
pourraient perturber de façon imprévue les systèmes d'information.
C'est ce qui
est arrivé à des utilisateurs de la plate-forme IBM AS/400, pourtant
assurée « compatible euro » depuis belle lurette. Avec étonnement,
ils ont constaté que l'introduction du symbole monétaire de l'euro
( €) dans leur système semait le trouble dans les échanges de fichiers
entre ordinateurs, voire dans certaines de leurs applications.
Ces désagréments
sont causés par l' absence de tables de traduction entre les différents
alphabets lorsqu'on se met à utiliser la table comportant le caractère
€. Une traduction qui, avant cela, se faisait automatiquement. Le
problème ne concerne pas toutes les applications et rares sont les
utilisateurs qui l'ont aujourd'hui rencontré (l'information n'a
pas encore été signalée au club Common des utilisateurs de l' AS/400).
Mais leur nombre risque de s'accroître sensiblement.
Toutefois,
la notification du dysfonctionnement auprès du support d'IBM par
l'éditeur français IPLS, qui l'a constaté chez l'un de ses clients,
a bel et bien déclenché la préparation d'un programme correctif
(dit PTF, Program Temporary Fix) par le constructeur.
Faire l'impasse
sur le symbole
Selon le centre
de support d'IBM, ce correctif devrait être livré au mois d'avril
pour les versions 440 et 450 de l'OS/400 (système d'exploitation
de l'AS/400), mais pas pour les versions antérieures pour lesquelles
aucun correctif n'est prévu à ce jour.
En l'absence
de ce PTF, les utilisateurs ayant décidé d'utiliser le symbole €
dans leurs documents risqueraient de voir leurs fichiers altérés
lors de transfert avec des AS/400 tournant sous une ancienne version
de l'OS/400.
Le problème
devrait aussi se rencontrer à l'occasion de transmissions vers d'autres
plates-formes, Unix ou Wmdows. Et, à coup sûr, il se produira avec
les versions de l'OS/400 non maintenues par IBM.
Il est encore difficile d'évaluer la portée
réelle de cet inconvénient, car son apparition tient à plusieurs
paramètres : d'abord à l'utilisation des nouvelles tables ( codes
page) euro, mais également à la présence d'applications faisant
appel à certains codes page, ce qui peut être le cas de programmes
développés en interne.
Dans la plupart
des cas, les grands éditeurs de progiciels ont contourné le problème.
En fait, ils n'utilisent tout simplement pas le nouveau symbole
monétaire dans leurs applications. Ils lui préfèrent les trois lettres
EUR, dont la mention suffit dans les documents.
C'est ce que
fait l'éditeur de progiciels intégrés Mapics, par exemple. Même
situation chez l'utilisateur Agip ( compagnie pétrolière) chez qui
la SSII un a installé le logiciel MPS Euro : « Nous avons tout
de suite éludé le problème du caractère € lorsque nous avons
vu que son introduction pouvait poser un problème, relate Roland
Bonnier, responsable informatique de la société. Il fallait notamment
mettre à jour le bios des imprimantes laser IBM, car les tables
de caractères des anciennes versions ne l'in- tègrent pas. Nous
avons donc choisi d'écrire EUR pour € comme nous l'avons
toujOU1:5 fait pour le dollar: USD ou lieu de $. »
IBM confirme
qu'un PTF doit bien être livré pour corriger ce manque. « A ma
connaissance, il concerne le cas de figure où un client aurait à
la fois une machine française et une machine américaine, et souhaiterait
convertir le code page français qui contient le symbole € avec
un code page américain qui contient aussi le symbole €, précise
Olivier Davoust, directeur produit AS/400 chez IBM France. Il
peut y avoir des cas d'utilisation auxquels on n'avait pas forcément
pensé, mais il s'agit généralement de situations extrêmement particulières
qui peuvent dépendre des outils de transfert ou des logiciels utilisés
pour créer des fichiers. Quand ces cas se présentent, notre centre
de support logiciel enregistre la demande et sort un correctif.
» Il considère toutefois que le problème évoqué est mineur :
« Les clients qui veulent vraiment tester la partie stockage
du symbole monétaire sont en train de faire leur apprentissage.
Et tous les clients qui travaillent à l'international sont rom-
pus à ce genre de choses. Mais, bien sûr, il y a souvent des entreprises
qui attendent le dernier moment. . . ».
Maryse
Gros - Le Monde Informatique (n°888 - 23 mars 2001)
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